C’est encore d’un bon pied que je me lève, me laissant présager une bonne journée. Je m’étire de tous les côtés, fait un peu craquer mes pattes, et c’est parti !
A peine dehors, quelle surprise ! A la porte de mon terrier, à l’abri d’un buisson, pelotonné sur lui même, semblant greloter, un Chaton dort.
Je m’approche doucement, met mon nez contre sa petite joue, il sursaute un peu en se recroquevillant encore plus.
– bonjour Chaton, n’ai pas peur, je suis un gentil Renard, et c’est une chance que je te trouve devant ma porte de bon matin, je vais pouvoir t’aider. D’où viens tu ?
– je sais pas, j’ai beaucoup marché, je me suis perdu, et puis j’étais tellement fatigué que je me suis endormi là où tu me trouves ce matin.
– oui, je vois ça, mais avant que tu prennes la route avec tes petites pattes, où étais tu
– avec ma maman, mon frère et ma soeur, on était dans un carton, là où je suis né. Puis hier, on nous a tous sortis du carton, et on nous amis dehors.
– dehors ! Mais c’est horrible, et ton frère et ta soeur, où sont ils ?
– ben, je me suis un peu éloigné d’eux, quelqu’un est passé par là et a pris mon frère et ma soeur, j’ai couru le plus vite possible, mais c’étais trop tard, ils était partis avec la personne qui les a pris tous les deux, et je suis resté tout seul, j’ai marché, je me suis perdu, puis je me suis endormi, et puis voilà.
– je vois, je comprends ce qu’il t’est arrivé, comme il arrive trop souvent, vous étiez, heu, comment dire embarrassants.
– embarrassants ? Pourquoi ?
– ben, comment dire, on ne voulait plus de vous, ta maman et trois Chatons, c’était pas possible de vous garder tous, alors la famille chez qui vous êtes nés, vous ont… heu, difficile à dire, vous ont abandonnés.
– abandonnés ! Mais ça veut dire que j’ai plus de famille ?
– malheureusement oui, mais t’inquiète pas, tu es entre de bonnes pattes, je vais t’en trouver une de famille.
J’ai marché toute la journée, de fermes en fermes, de maisons en maisons, avec mon petit Chaton à côté de moi, et rien, tout était complet. Pauvre Chaton, affamé, épuisé, et pas encore de famille, il me regarde et me dit d’une petite voix :
– ben c’est pas de chance, on a pas trouvé de famille.
– pas de chance… Chance ! Heureka ! Chance ! J’ai trouvé ta famille, comment ça m’est pas venu tout de suite.
Nous voilà devant la porte de la maison de Chance, il n’y a pas de voiture, sa maitresse n’est pas là, super ! Je tape à la porte, Chance et Joyeux m’ouvrent, et je n’ai pas eu le temps de dire ouf qu’ils ont compris.
– allez entrez tous les deux, toi le Chaton je te présente ta nouvelle maison, je suis sur que notre maitresse sera ravie, il n’y a plus de Chat dans cette maison depuis trop longtemps.
Et c’est épuisés tous les deux qu’on s’endort dans les pattes de Chance, Joyeux montant la garde pour m’avertir de partir quand la voiture de sa maitresse se garera. Pour l’instant, je ne pense pas à ça, et dort paisiblement. Quel Chance ! Quelle chance !

Photo trouvé sur le web, sans crédit.

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