Il pleut, c’était à prévoir avec tous ces nuages. La pluie est fine, elle ne pénètrera pas dans ma fourrure qui s’épaissit à l’arrivée du grand froid. Donc, je pars en promenade tranquillement, direction la forêt, je serai ainsi bien à l’abri sous les arbres.
J’étais en train de marcher dans les feuilles, quand j’entends comme un bébé qui pleure. Je le trouve caché sous un rocher, couché sur de la mousse et des feuilles. C’est un mignon petit Faon, de grosses larmes coulent de ces yeux innocents.
– coucou, bébé, tu sembles si triste, qu’est ce qui t’arrives ? Je m’appèle Koukïn, je te promets de t’aider.
– ma maman est venue hier, elle m’a senti, puis elle est repartie.
– ne t’inquiète pas, elle va revenir.
– non, je ne crois pas. Même plus, je suis sûr qu’elle ne reviendra pas.
– et pourquoi tu es sûr, dis moi, ça va m’aider pour que je la retrouves.
– hier, j’ai fais une rencontre, c’était un petit garçon, il était adorable. Quand il m’a vu, il a appelé ses parents, ils sont venus tous les trois tout près de moi. Et ils m’ont caressé, et embrassé. Puis la maman a dit : « laissons le, sa maman veut peut être venir près de lui ». Mais c’était trop tard.
– pourquoi tu dis ça ?
– parce qu’ils ont déposé leur odeur sur moi, et ma maman, quand elle est revenue hier, ne m’a pas reconnu, elle n’a pas retrouvé mon odeur.
– ah, je comprends mieux, et c’est pour ça que tu pleures ?
– bien sur, j’ai perdu ma maman, qu’est ce que je vais devenir ?
De grosses larmes coulent sur ses joues, il est inconsolable. Il faut que je retrouve cette maman, je vais tout lui expliquer, elle va revenir, et reconnaitre son bébé.
– reste là, ne bouges surtout pas, c’est bien là que tu es né ?
– oui, mais ne t’inquiètes pas, je ne risque pas de bouger, je ne sais pas du tout où aller.
Je ne mets que quelques minutes pour retrouver la Biche, maman de ce pauvre Faon abandonné. Elle semble perdue elle aussi, c’est évident, elle cherche son bébé.
– bonjour la Biche, je crois savoir ce que tu cherches.
– ah, oui, et comment tu sais que je cherches mon bébé ?
– tout simplement parce que je l’ai trouvé.
– tu l’as trouvé ! Vite ! Conduis moi à lui, je suis morte d’inquiétude. Hier, j’ai bien vu un Faon, mais il n’avait pas l’odeur de mon bébé, alors, il n’était pas à moi, ce n’était pas mon bébé. Et depuis je cherche le mien.
– mais oui, celui que tu as vu hier, est bien le tien, il a changé d’odeur, car des humains l’ont caressé et embrassé. Mais je t’assures, c’est le tien, viens on va le rejoindre, et regarde le bien, tu vas le reconnaitre, et il restera bien une petite odeur à lui.
Maman Biche et bébé Faon se sont bien retrouvés, elle a reniflé, dessus, dessous, et ses yeux se sont illuminés, elle l’a reconnu, puis elle a séché ses larmes. Quelle joie de les voir à nouveau réunis.
– merci Koukïn, jamais nous n’oublierons ce que tu as fait pour nous.
– de rien, c’est pour des instants comme ça que je suis heureux de vivre.

Peinture de Patricia Hivernat

Le Faon Abandonné

Le Faon Abandonné

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