J’entends le tonnerre au loin, je me lève en vitesse pour profiter d’un moment au sec avant l’orage qui menace. Et si j’allais dans les bois, s’il se met à pleuvoir je serai un peu à l’abri sous les arbres. La forêt est juste à côté, donc pas de pré à traverser pour retourner à mon terrier, de toute façon un peu de pluie ne va pas me tuer.
Je me promène tranquillement, en voyant à l’horizon de gros éclairs, il pleut là bas, et si je calcule bien mon coup je devrais pouvoir balader pendant deux bonnes heures avant les premières gouttes.
– Koukïn ?
– oui, c’est moi, qui m’appelle, je ne te vois pas.
– je suis perchée sur une fleur au boutons mauves.
– ah, oui, je te vois maintenant, tu es si petite et parfaitement cachée derrière ces fleurs, qui sont de la même couleur que toi. Mais qui es tu ?
– tu ne te souviens pas de moi ?
– non, éclaire moi, raconte moi comment on s’est rencontré.
– il y a quelques mois, j’avais la patte cassée, et tu m’as soigné.
– ah, oui ! Ça y est, je m’en rappelle, la Mante Religieuse à la patte cassée. Mais tu vas bien à ce que je vois.
– oui, grâce à toi. Quelques jours ont suffi pour que je puisse sauter à nouveau.
– bof, je n’y suis pas pour grand chose, c’est toi qui a tout fait pour guérir, armée de patience et de volonté.
– tu es trop modeste mon Koukïn. Mais tu as un peu raison, il ne suffit pas qu’on nous soigne pour guérir, il faut comme tu dis, beaucoup de volonté.
– dis moi tu es magnifique, de là où je suis tu te détaches du ciel menaçant de l’orage qui arrive. Les couleurs sont superbes, toi et les fleurs mauves, saupoudré d’un peu de vert lumineux, et en fond un ciel gris mais si beau.
– il va pleuvoir ?
– retourne toi et tu verras la couleur du ciel, et parfois il est illuminé d’éclairs, et écoutes, tu entends le tonnerre ?
– hou, là, là ! Il va pleuvoir, vite je vais me protéger. Au revoir Koukïn, à bientôt !
– salut ma belle, à bientôt aussi.

Crédit photo : Denis Girard

La Mante Religieuse est Guérie

La Mante Religieuse est Guérie

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